Fiches CARDIEmédia du CARDIE de l’académie de Caen

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Enseignement des compétences - Evaluer sans note (CLG Desdevises du Dezert - Lessay 50)

Remplacement total des notes chiffrées par une évaluation par compétences sur l’ensemble du niveau 6ème depuis septembre 2012. Mise en place de nouveaux outils de restitution des résultats à destination des élèves et des familles.



Établissement(s)


Personnel(s) impliqué(s)



BABINOT Veronique   Professeur de Lettres Modernes (référent)
GUILBERT Lucie   Professeur de Mathématiques
MOSER Claire   Professeur de Lettres Classiques (référent)
PESNEL Vincent   Principal
VAULTIER Céline   Professeur de Lettres Modernes (référent)

Médias



Éléments de synthèse



Thématiques


École du socle - évaluation

Objectifs


L’idée consiste donc à généraliser l’expérience et à supprimer totalement les notes au niveau 6ème. Les objectifs visés sont les suivants :

• Face aux élèves

- Instaurer des conditions efficaces pour mettre en œuvre une pédagogie différenciée, le but étant de faciliter l’individualisation et la différenciation pédagogique. Cela permet en outre d’affiner les diagnostics pour mettre en place les PPRE, les groupes de soutien divers et le tutorat.
- Accentuer et améliorer les exercices de remédiation
- Permettre à chaque élève d’avoir une bonne estime de soi. Il s’agit de réduire les possibilités de comparaison des résultats entre les élèves au sein de la classe, comparaison qui joue le plus souvent en faveur de la motivation des plus forts au détriment de celle des plus faibles. Par ailleurs, ce système évite que l’accent soit porté uniquement sur les difficultés des élèves. Il a l’avantage de mettre en valeur les capacités de chacun.

• Au sein de l’équipe éducative

- Créer une dynamique, des échanges et du lien dans l’équipe pédagogique.
- Donner plus de sens au socle commun
- Mettre en avant les compétences interdisciplinaires.


Le diagnostic qui a conduit à proposer l’action


- Le collège de Lessay accueille bon nombre d’élèves en difficulté qui souffrent d’une mauvaise image d’eux-mêmes. Le système des notes accroît cette image négative, ce qui provoque très tôt le décrochage scolaire des plus fragiles.

- De plus, nous constatons que les élèves ne regardent que la note chiffrée lorsqu'ils reçoivent leur copie sans lire l’appréciation et chercher à comprendre la raison de cette note. De même, bien souvent, les familles s'intéressent davantage à la moyenne générale de leur enfant qu'à ses difficultés ou à ses compétences.

- L’équipe éducative se mobilise pour redonner confiance aux élèves en difficulté tout en permettant aux meilleurs d’aller plus loin dans l’approfondissement des savoirs et des compétences. A ce titre, quelques-uns avaient déjà expérimenté la notation par compétences dans leur matière les années précédentes, mais en conservant les notes.


- Or, le constat était que si cette méthode d’évaluation, couplée à la mise en place du socle commun et du LPC, donne des résultats probants sur la façon dont les élèves appréhendent les cours et progressent au collège, le fait qu’il faille encore mettre des notes bride les enseignants dans leur démarche.

- L’ensemble de l’équipe pédagogique de 6ème s’est donc déclarée motivée pour supprimer totalement les notes afin de se recentrer sur les compétences.


Les modalités de mise en œuvre choisies


Une fois que chaque professeur a établi, dans sa matière, la liste des compétences qu’il pensait évaluer au cours de l’année, les équipes pédagogiques de 6ème ont réfléchi à une présentation commune de leurs évaluations, faisant apparaître, pour chaque compétence évaluée, son degré de maîtrise. Ces compétences ont bien entendu été rattachées au socle commun. Les résultats des évaluations, saisis sur le logiciel SACoche, sont ensuite accessibles par les élèves comme par les parents et permettent l’édition d’un bulletin différent, permettant une analyse plus fine des résultats de l’élève et un dialogue plus circonstancié avec les familles.
- Dans un premier temps, lors de la pré-rentrée de 2012, l’équipe pédagogique s’est réunie pour affiner les référentiels de compétences et élaborer des outils d’évaluation du dispositif.
- A la Toussaint, l’équipe a fait un bilan intermédiaire.
- Au cours du 2ème trimestre, un bilan plus complet a été réalisé, et la décision a été prise en fin d’année 2012-2013 de reconduire l’expérimentation sur une cohorte de 6ème et d’apporter un certain nombre d’améliorations avant d’envisager sa poursuite sur le niveau 5ème.
- Le bilan opéré en fin d’année 2013-2014 a amené à repérer des adaptations à opérer quant à la forme et au contenu des bulletins (place des contenus transversaux, édition des résultats par discipline mais aussi par domaine de compétences). La réflexion amène également à envisager à la marge le retour d’une évaluation chiffrée pour évaluer les connaissances stricto sensu, ces évaluations étant retraduites en compétences pour le bulletin trimestriel.

Le public concerné par l’action


Sont concernés en 2013-2014 les 96 élèves des 4 classes de 6ème.

Les freins et les leviers rencontrés


Leviers :

- Le constat qu’un élève qui comprend où sont ses forces et ses faiblesses est plus à même de progresser (d’où la nécessité d’analyser avec chaque élève non seulement les résultats qu’il a obtenus à telle ou telle évaluation, mais aussi et surtout son évolution au cours du trimestre et de l’année, afin de rendre l’élève acteur de son travail et de ses progrès.)

- La prise de conscience qu’un tel système d’évaluation permet d’en demander plus aux meilleurs élèves et de les stimuler, afin qu’ils ne se reposent pas sur leurs acquis sans chercher à les renforcer.

- Les discussions entre collègues, qui ont permis d’harmoniser peu à peu les référentiels présents dans chaque matière, en dégageant notamment un certain nombre de compétences interdisciplinaires.

- Un temps banalisé de formation et réflexion qui a permis à l’équipe, accompagnée d’un IPR, de prendre du recul sur le déroulement de l’expérimentation pour mieux envisager ses évolutions, notamment la généralisation du dispositif au niveau 5ème à partir de la rentrée 2014.

Freins :

- Expérimentation démarrée en 2012-2013 sans avoir vraiment pris le temps de communiquer au préalable avec les familles pour expliciter les tenants et les aboutissants de cette évaluation, rendant de ce fait plus compliquée l’adhésion de certaines d’entre elles (élèves et parents) pour lesquelles ce dispositif d’évaluation constitue un bouleversement qui aurait nécessité un travail pédagogique de préparation plus important en amont. Mentalités à faire évoluer, en particulier chez les meilleurs élèves qui ne peuvent plus se situer par rapport aux autres. Ce repérage constituant pour eux un moteur motivationnel important, il s’agit donc de le remplacer par une motivation mettant en relation leur travail avec ce qu’on est en droit d’attendre d’eux au vu de leurs capacités et non avec les résultats des autres élèves de la classe.
Une meilleure communication préalable en 2013-2014 auprès des élèves de CM2 du secteur et de leurs parents a permis une meilleure compréhension des objectifs visés et des enjeux, facilitant ainsi l’adhésion au dispositif, même si ce mode d’évaluation peut demeurer déroutant pour certaines familles. Un temps plus élaboré d’accompagnement sur les enjeux de l’évaluation est à envisager.

- Pour le professeur, le changement de système de notation oblige à revoir sa façon d’enseigner et la préparation des évaluations est plus longue et demande davantage d’expérience, pour prévoir les difficultés des élèves à réaliser une tâche.

- Difficultés à aligner ses propres compétences sur les compétences de ses collègues (nécessite un temps de concertation important et un recul sur ses pratiques difficiles à mettre en œuvre pendant l’année.)

Les résultats constatés


Sur les acquis des élèves :
Eléments issus du bilan effectué auprès des enseignants au cours du 2ème trimestre2012-2013
- L'évaluation semble plus formative que sommative. Même si l'on est obligé à un moment donné d'attribuer des couleurs sur les items des compétences à acquérir, il y a toujours une possibilité de valider une compétence dans le temps. Permet à certains élèves de se remotiver et d'avoir envie de progresser (élèves en difficultés) : "Est-ce que je peux revenir faire le travail un midi pour m'améliorer?"
- Permet à l’élève de savoir où il en est, quelles sont ses forces et ses faiblesses. Les objectifs et les compétences évaluées sont clairement inscrits sur la copie, chaque élève sait dans quelle compétence il a réussi et pour laquelle il faudra qu'il retravaille.
- Absence de l'affirmation : "J'comprends pas pourquoi j'ai raté, j'avais travaillé!" Les élèves n'ont plus de doute sur ce qu'ils savent ou ne savent pas faire.
- Le fait de ne plus les noter renvoie aux élèves les plus faibles une image plus positive, même un devoir catastrophique peut avoir quelques points positifs auxquels l’élève peut se raccrocher. Au lieu d’entendre « j’ai raté le contrôle » on entend « j’ai raté telle ou telle partie du devoir » ou « cette partie du devoir, au moins, je sais faire ».
- Permet à l’élève ayant des facilités de ne pas s’ennuyer en cours puisque le professeur lui en demande plus qu’aux autres.
- La notion de performance et le comparatif des résultats n'a plus lieu d'être, cela laisse aux élèves en voie d'acquisition des compétences attendues le temps de progresser à leur rythme sans être pénalisés ou jugés par une note chiffrée.
- les élèves sont plus appliqués et plus concentrés avant et pendant l’évaluation.
- Les élèves s'intéressent plus au contenu de leurs évaluations : il n'y a pas de « global », ils sont donc obligés de s'attarder sur le tableau de critères.

Sur les pratiques des enseignants :
Éléments issus du bilan effectué auprès des enseignants au cours du 2ème trimestre2012-2013
- Cette évaluation permet de mieux cerner le profil de l’élève (facilités, difficultés, manque de travail dans tel ou tel domaine) et ainsi, notamment, de faire des groupes de niveaux (remédiation), mais également d’adapter ses exigences aux capacités de chaque élève et d’individualiser les évaluations.
- Il n’est plus nécessaire que le barème atteigne, artificiellement s’il le faut, les 20 points. L’évaluation correspond à des vraies pratiques en classe, et pas à un barème souvent décidé arbitrairement (3 points pour cette question, 2 pour celle-là…). La question de la valeur d’une connaissance par rapport à une autre est gommée.
- Le changement de système de notation oblige à revoir sa façon d’enseigner et oblige à réfléchir autrement le contenu des évaluations. Cela permet de mieux préparer les cours en mettant explicitement en adéquation les compétences travaillées avec les compétences évaluées.

Sur le leadership et les relations professionnelles :
Quelques difficultés ponctuelles et/ou des interrogations nouvelles nécessitent une posture rassurante de la part du chef d’établissement pour permettre de trouver des réponses et d’aller au-delà des écueils qui peuvent jalonner le chemin de toute expérimentation.
Par ailleurs, cette expérimentation a également le mérite d’entraîner une réflexion collective sur le sens à donner à l’évaluation, ses contenus et ses objectifs. Cela accroît le dialogue entre les enseignants et l’harmonisation des pratiques pour une plus grande lisibilité pour les élèves comme pour leurs parents.

Sur l’école / l’établissement :
Le souci des équipes d’œuvrer pour la meilleure réussite possible de tous les élèves est ici mis en acte concrètement. Au-delà du discours, cette valeur commune portée par l’établissement s’en trouve ainsi confortée aux yeux du public, renforçant par là même la crédibilité de ce discours et le dialogue avec les familles.

Plus généralement sur l'environnement :
Une réussite à communiquer à l’extérieur, ce serait :
La majeure partie des enseignants engagés dans cette expérimentation a souhaité poursuivre sur le niveau suivant. Et même si le dispositif mis en place nécessitera des ajustements et des améliorations, ils souhaitent ne pas revenir en arrière.

Éléments d'analyse



On enseigne autrement donc on évalue autrement. La construction de la compétence se situe entre le macro (en référence au socle commun de connaissances et de compétences) et le micro (tâches élémentaires).
L'appropriation de cette modalité d'évaluation par l'élève (intégrée à son parcours d'apprentissages) et par les parents nécessite une construction fine des outils de suivi et de communication.

Ressources et liens utiles



Innover ou expérimenter, des démarches pour une mise en oeuvre du Projet Académique 2011 - 2015 :

  • Des actions innovantes sur l'ensemble de son territoire sous l'impulsion des équipes en établissement.
  • Des dispositifs expérimentaux d'initiative académique.
  • Des établissements engagés dans des expérimentations nationales.


Les actions innovantes ou expérimentales dans l'académie de CAEN suivies actuellement par le CARDIE


Carte des thématiques


Les fiches CARDIEthéma : des éléments structurants à l’échelle d’une thématique


Dernière modification de la page le 26 septembre 2018 à 11H22