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Un lauréat au concours Maginot au lycée Lehec de Saint Hilaire du Harcouët (50)

A la suite d'un voyage pédagogique organisé par le lycée Lehec de Saint Hilaire du Harcouët pour le centenaire de la bataille de Verdun, chaque élève de terminale baccalauréat professionnel "Maintenance des Matériels" a tenu un journal de bord. L’objectif était d’être sélectionné au Concours de la Mémoire et du Civisme André Maginot pour le Prix du centenaire. Pour le concours, il s’agissait de raconter le déroulé du voyage, tout en développant l'émotion ressentie ainsi que l'importance de ces lieux de mémoire.

C’est finalement le journal de bord d’Adrien Giguet qui a été retenu et qui lui a permis de remporter le premier prix, dans la catégorie lycée professionnel.

Le voyage était axé sur trois principaux lieux de mémoire : tout d'abord le camp de concentration du Struthof, seul camp de concentration présent sur le sol français; ensuite l'Ossuaire de Verdun, lieu où gisent les ossements de quelques 130 000 soldats inconnus, surplombant un cimetière de plus de 16 000 tombes; enfin le musée de Meaux, ayant pour thème la première guerre mondiale.

Cette victoire au Concours Maginot permet au lycée de montrer qu'en plus de son excellence dans le domaine mécanique, il propose une formation de qualité dans le domaine général.

"C'est toujours positif et très important d'emmener des élèves voir ces lieux de mémoire car il y a une grande différence entre parler d'un camp de concentration et s'y rendre" témoigne Mme Scelles, professeur de Français-Histoire Géographie. "Je suis fière que l'un de mes élèves soit récompensé pour ses compétences à la fois en français et en géographie."

Pour Adrien, "c'est un honneur, et une fierté à la fois personnelle mais aussi vis-à-vis du lycée, car c'est un moyen de participer à son rayonnement". Comme il le souligne, "ce voyage a surtout permis de se rendre compte de l'ampleur de ce que furent les deux guerres mondiales".


Ci-dessous un extrait du journal d’Adrien :

On suivait ensuite un couloir où, intemporels, des mannequins, vêtus de tenues militaires, nous emboitaient le pas comme si nous étions nous aussi soldats, tous marchant vers le cœur du musée, composé d'une grande salle tout en longueur, avec en son centre, la reconstitution d'une tranchée, impensable mais bien réelle. Entre ces soldats immobiles et la tranchée, se trouvait la partie du début de la guerre et derrière, la partie fine de la guerre, deux époques opposées technologiquement, comme notre époque et la leur.

Camions, taxis, avions, tanks et canons tout droit sortis du passé, semblaient vouloir nous y conduire, comme ils conduisirent tant de jeunes innocents à une boucherie certaine. A ce moment, je réalisai que j'aurais très bien pu être de ceux-là, si par malheur, j'étais venu au monde 100 ans plus tôt ... […]

Le point commun entre toutes ces salles (à part le fait qu'elles nous remémorent la première guerre mondiale) est la présence de véritables objets d'époque, ayant appartenu à des êtres faits de chair et d'os, dotés d'une conscience, avec laquelle ils ont enduré de terribles épreuves, traumatisantes à vie. Certains objets étaient même mis à disposition; on pouvait les manipuler, comme on toucherait une falaise ancestrale, où de nombreux soldats alliés et allemands perdirent la vie le 6 juin 44. Ces objets avaient l'air bien semblables à ceux que l'on a tous découvert un jour dans le grenier de nos grands-parents, souvenirs "du bon vieux temps" mais, qui en ces lieux de mémoire, prenaient une autre dimension, comme si un simple couteau, une bague à tabac ou une photo de leur bien aimée, devait être la corde qui les empêchait de tomber dans le gouffre sombre de la folie.

Ainsi s'achève ce voyage constructif et réaliste, qui nous a permis de visualiser correctement des notions apprises au lycée et de rendre hommage à tous ces gens, victimes de la folie inimaginable des hommes, morts injustement pour leur patrie.

Heureusement qu'il existe des lieux comme ceux que nous avons visités, pour prendre conscience que de telles abominations ne doivent jamais être reproduites ...