Jeudi 3 mai 2012 - CRDP Basse-Normandie
« Construire l’autonomie des élèves De l’autonomie dans le temps et l’espace scolaire à l’autonomie du citoyen »
programme du séminnaire
par Madame Sarlandie de La Robertie, Recteur de l’académie de Caen
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Décloisonnement des horaires et des emplois du temps au service de l’autonomie des élèves
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De l’influence de l’expérimentation « Cours le matin, sport l’après-midi » sur une organisation pédagogique favorisant l’autonomie des élèves
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Les élèves en autonomie dans l’expérience de la classe entreprise
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Responsable du DRDIE - Département Recherche-Développement Innovation et Expérimentation à la DGESCO
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Stéphane Pignoux, professeur de Mathématiques et Anne Maurouard, professeur de Sciences-physiques, nous présentent le travail d'accompagnement personnalisé proposé aux élèves du lycée Alexis de Tocqueville de Cherbourg-Octeville.
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Françoise Lebranchu, enseignante de Lettres au collège des Provinces de Cherbourg-Octeville présente les ateliers de pratiques langagières. Ces ateliers d'écriture permettent aux élèves de développer leur autonomie, leur plaisird’écrire et ainsi de développer leur compétence langagière dans toutes les disciplines.
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Table ronde animée par Anne Boucker, IA-IPR d'Histoire géographie.
Plusieurs chefs d'établissement présentent leur vision des conditions de l’appropriation des innovations pédagogiques et des conditions de la réussite d’une expérimentation.
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Denis Derouin, Chef des travaux au lycée Rabelais d'Hérouville-Saint-Clair, nous présente le projet "Ebullitions"; espace multimédia pour les élèves de Bac pro. Cet espace numérique permet aux élèves de communiquer par écrit et par l'image sur leurs activités au lycée.
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Nicole Cellier, professeur de Lettres, Anne-Sophie Roux et Jérôme Péchard, professeurs des écoles nous présentent leur travail en inter-degrés sur la lecture.
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En histoire-géographie, les productions attendues des élèves au collège relèvent toutes de la tâche complexe : récit, description, réponse argumentée, croquis, schémas... Elles mettent toujours en jeu plusieurs compétences et plusieurs domaines, dans une dynamique entre la maîtrise des langages disciplinaires et la capacité à mobiliser, construire de nouveaux repères spatiaux ou chronologiques pour situer et expliquer les phénomènes historiques ou géographiques étudiés.
Dès lors, pourquoi la «tâche complexe» semble-t-elle être une nouveauté dans la didactique de ces disciplines?
Paradoxalement, la place prépondérante de l’analyse documentaire dans l’histoire et la géographie enseignées ont abouti à une modélisation de la mise en activité des élèves autour de séries de questions ponctuelles portant sur des corpus documentaires construits par le professeur. Or, dans ce type d’activité, les mises en relation et la structuration du discours demeurent trop souvent prises en charge par l’enseignant. Donc, ce qui, dans la tâche fixée aux élèves, relève réellement de la complexité et du raisonnement disciplinaire n’est que trop rarement explicité, et moins souvent encore travaillé par les élèves eux-mêmes.
La proposition présentée ici cherche à construire une véritable autonomie intellectuelle chez les élèves. Ce sont eux qui formulent la question directrice à partir d’une situation dite «déclenchante». Ce sont eux encore qui choisissent les documents qu’ils utilisent, en justifiant leurs choix. Ce sont eux enfin qui demandent ou non les outils «coups de pouce» destinés à les aider en cas de difficulté. La tâche à réaliser se situe en outre dans une progression des apprentissages liés aux langages (écriture, croquis) et aux concepts disciplinaires («habiter», concept central du programme de géographie de 6ème). Critères de réussite et d’évaluation sont explicités. La qualité des productions réalisées par les élèves valident à l’évidence la démarche.
Il s’agit là d’un exemple, qui, comme toute proposition pédagogique, ne se présente pas comme un modèle. Ce travail, issu des pratiques de terrain, a cependant le grand mérite de proposer un support à la réflexion collective sur les évolutions induites, au cœur même de la classe et de l’enseignement des disciplines, par l’approche par compétences portée par le Socle Commun.
Pour interroger les conditions de la réussite des innovations et des expérimentations - l’innovation étant souvent issue de l’expérimentation - nous avons souhaité donner la parole à des chefs d’établissement ainsi qu’à une Inspectrice de l’Education Nationale, responsable d’une circonscription du 1er degré.
Intervenants :L’échelle de l’établissement - voire de l’infra-établissement : niveau, classe, groupe - apparaît comme la plus pertinente pour imaginer des réponses pédagogiques adaptées, au plus près des besoins des élèves. La circulaire de rentrée 2011 réaffirme d’ailleurs le rôle pivot de l’établissement dans le système éducatif et souligne le champ des possibles ouvert par l’autonomie des EPLE et l’article 34 de la loi d’orientation et de programme pour l’avenir de l’Ecole (2005).
Cependant, chacun le comprend, l’innovation ne se décrète pas : elle émane toujours d’une rencontre entre deux dynamiques, locale et institutionnelle. En outre, lorsque cette rencontre a lieu, elle reste souvent le fait d’une minorité active au sein des équipes. Comment fédérer et convaincre pour construire une mobilisation collective?
Enfin, pour l’institution, l’intérêt des innovations et des expérimentations réside notamment en ce qu’elles permettent de valider une très grande variété de «bonnes pratiques», susceptibles d’être ensuite diffusées et transposées. Or, chaque établissement innove ou expérimente dans un contexte et en fonction de besoins spécifiques. Comment, dès lors, peut-on envisager la question de la transférabilité?
Innovation et expérimentation ne se conçoivent pas sans une démarche d’évaluation interne et externe. Il faut donc, dès l’origine, accepter l’échec comme une autre facette de la réussite.
La réussite peut dès lors s’envisager, en termes de pertinence et de cohérence, à trois échelles :
Créer les conditions de l’innovation suppose la mise en tension du pédagogique et de l’organisationnel, dans une co-construction avec les équipes. Le préalable de la réflexion pédagogique permet de «donner du temps intelligent aux élèves».
Il convient de recenser et s’appuyer sur les ressources existantes, d’informer et expliquer pour convaincre, de former les enseignants en contexte, de reconnaître et faire connaître les initiatives, d’évaluer et d’interroger régulièrement la pertinence des actions afin de les faire évoluer (exigence de régulation).
L’existence, au sein de l’établissement ou de la circonscription, de relais, de coordonateurs des actions apparaît enfin indispensable.
Parler de transférabilité a-t-il un sens dès lors que contextes, ressources et personnes diffèrent? Les «bonnes pratiques» sont-elles reproductibles?
Les réponses apportées par les intervenants convergent : les innovations et expérimentations ne sont pas transférables telles quelles ; on ne doit pas attendre du «clefs en mains». Une telle approche serait même, à l’évidence, contre-productive.
La notion de transférabilité doit plutôt s’entendre comme la nécessaire mutualisation des démarches et des outils : c’est ainsi le rôle du CARDIE que de ménager des lieux et des temps d’échanges afin de construire des cadres de référence communs.
Ce qui, dans les «bonnes pratiques» peut être reproductible, c’est la volonté d’entrer par le pédagogique, l’appropriation d’une culture de diagnostic et d’évaluation, la capacité à libérer la créativité et les initiatives.